Thomas Billoux Luthier - Le forum

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RSS >  Un violon à quinze euros, ou des sous chics...
TBilloux #1 18/06/2008 - 13h44

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Voici un article que m'a fait parvenir Pascale :

Des violons chinois à 15 euros: les luthiers français appellent à résister

© 2008 AFP James Wang, homme d'affaires de Chengdu (Chine), essaie un violon dans un magasin à Pékin le 6 décembre 2005."Sur internet, vous trouvez des violons à 15 euros: c'est moins cher qu'un jeu de cordes!", soupire Gilles Braem, un luthier bordelais qui mise sur l'excellence et la pédagogie pour résister à la concurrence des violons chinois, moins chers et de plus en plus performants.

Devant les violons exposés au Grand-Théâtre de Bordeaux, où se tiendra samedi le Congrès annuel du Groupe des luthiers et archetiers d'art français (Glaaf), l'artisan préfère en sourire: "Avec des violons à 15 euros, ce qui coûte le plus cher, c'est l'abat-jour pour pouvoir le mettre sur sa table de nuit... On ne parle plus de violon mais d'objet ressemblant à un violon!".

"Il s'en vend malheureusement beaucoup, certains acheteurs ayant le sentiment de faire une bonne affaire. Acheter bon marché, ça revient toutefois cher quand c'est du jetable", remarque-t-il.

"Les prix peuvent créer une incitation pour les débutants, mais si vous jouez sur un instrument de piètre qualité, vous allez vous décourager", note aussi Loïck Soulas, délégué de la Chambre syndicale de la facture instrumentale (CSFI), qui chapeaute les 300 à 350 ateliers français de lutherie.

Un violon chinois peut toutefois en cacher un autre. Derrière les produits bas de gamme fabriqués à la chaîne arrivent en effet de plus en plus de violons d'étude de bien meilleure qualité. Des instruments pour débutants proposés à partir de 500 euros - après révision par un luthier - contre près de 1.000 euros pour un équivalent français.

"Sur le créneau des entrées de gamme pour violons d'étude, ils sont devenus quasiment imbattables", reconnaît Gilles Braem, qui vend lui-même parfois des produits chinois à des élèves après avoir changé quelques pièces au passage.

Une progression globale des violons chinois confirmée par Pascal Camurat, président du Glaaf exerçant à Montpellier: "Sur la quantité, il y a forcément des artisans chinois qui émergent et qui arrivent à des qualités se rapprochant de ce que nous pouvons faire, et à des prix moindres", reconnaît-il.

Faute d'étude chiffrée, actuellement en cours selon la CSFI, aucune donnée ne permet de mesurer précisément la part occupée par les instruments chinois en France.

"Pas de pessimisme!", s'exclame le luthier héraultais. "Cette concurrence nous pousse à être meilleurs pour nous démarquer, notamment en nous appuyant sur la tradition et le savoir-faire français comme vecteur d'amélioration. Ce n'est pas gagné, bien sûr, mais je crois vraiment que le niveau moyen des luthiers français ne cesse encore de s'améliorer", estime-t-il.

Le Girondin Gilles Braem met quant à lui l'accent sur l'importance des "échanges" avec les clients. "C'est en informant les gens qu'on restaurera une bonne consommation, pas en demandant des subventions", explique-t-il. Un contact direct indispensable, selon lui, pour "faire écouter" la différence.

Dernier Actualise: Samedi, 14 Juin 2008, 14:28 GMT



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Spécialiste violon, alto, violoncelle.

A vous, cordes et âme.
JeanMarie #2 28/10/2009 - 09h22

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Très beau sujet que ces violons chinois....pour ma part, je suis aussi partisan d'avoir un échange avec les clients et de prendre le temps de les informer pour voir la différence: combien de fois ne voit-on pas des clients heureux d'avoir acheté sur ebay un violon pas cher du tout...mais quand ils passent à l'atelier, c'est la déception: manche fendu, fausses ondes, table trop épaisse,mauvais réglage, son mièvre et strident...Alors, on est fier de montrer la différence avec de vrais violons fait comme la tradition nous l'a enseigné où le son est chaleureux et profond...et le client repart avec un rêve dans sa tête : c'est celui de posséder un vrai violon de lutherie...

Allez luthons ferme... :)
Jean-marie
TBilloux #3 31/10/2009 - 16h50

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Le cas des violons chinois ne s'arrête pas au violon à 15€ !
Effectivement, à ce prix, on en a pour son argent ! :dev:

Il y a maintenant des instruments très bien fait, avec des beaux bois. Ils ne sont pas monté et les luthiers peuvent encore faire preuve de leur savoir faire en les montant (rabotage de la touche,sillet du haut, âme, chevalet...)

Le principe utilisé semble être le même qu'à Mirecourt au début du 20ème siècle :
Fait à la main mais en série (1 ouvrier fait des tables et des fonds, 1 des couronnes d'éclisses, 1 des têtes, 1autre assemble et 1 dernier verni).
Les ouvriers les plus doués se voir "offrir" le plus beau bois pour sortir une série plus onéreuse.

Il n'y a pas si longtemps, les chinois réalisaient des instruments qui tenaient plus du jouet que d'autre chose. Mais maintenant certaines productions tiennent vraiment la route.

Comme me disait une prof de violon : "si j'avais eu un violon de cette qualité à ce prix là, je n'aurais pas passé mon prix sur un suzuki !"

Et vous verrez que bientôt il y aura sur le marché des instruments signés de luthier Chinois. Pourquoi pas ? Ils ne sont pas plus bêtes que d'autres et ils travaillent beaucoup et apprennent très vite...
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A vous, cordes et âme.

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